PPE : le solaire a le sourire, le gaz vert fait grise mine

Dans le cadre de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement souhaite conclure une dizaine d’appels d’offres par an pour la mise en œuvre de grands projets de production d’énergies renouvelables.

Les ambitions du Ministère de la transition écologique sont claires et chiffrées. La PPE révélée fin janvier 2019 prévoit d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français à 32% en 2028 contre seulement 20% aujourd’hui. L’urgence climatique impose au gouvernement d’être à la hauteur de cet engagement, mais pas à n’importe quel prix. Les filières les moins rentables, comme l’éolien maritime, verront à l’avenir leur dotation conditionnée à une baisse des coûts de production.

Le solaire et l’éolien terrestre ont le vent en poupe

Pour atteindre ses objectifs, la France doit doubler ses capacités de production d’énergies renouvelables dans les 10 ans à venir et faire passer sa capacité de production installée totale de 102 à 113 gigawatts, ce qui représente un effort colossal et des investissements qui se chiffrent à plusieurs milliards d’euros. Pour y parvenir, les pouvoirs publics prévoient de lancer une dizaine d’appels d’offres par an jusqu’en 2024.

L’accent sera mis notamment sur le développement du photovoltaïque au sol pour rattraper le retard pris sur nos voisins, l’Espagne notamment. Le Ministère de la transition écologique table sur deux appels d’offres par an concernant cette filière et trois pour le solaire sur toiture d’ici à 2024. Au total, la PPE prévoit ainsi d’augmenter d’environ 15 gigawatt la capacité de production d’électricité solaire installée en 10 ans, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires.

Côté éolien, il est prévu d’augmenter les capacités de production installées de 20 gigawatts sur 10 ans en installant de nouvelles éoliennes plus puissantes et en améliorant le parc existant. Des appels d’offres sont également envisagés concernant le secteur de l’éolien maritime mais sont conditionnés à des prix maximums par MWh (mégawattheures) allant de 60 à 70 euros pour de l’éolien fixé et de 110 à 120 euros pour de l’éolien flottant afin de garantir la viabilité économique des projets retenus.

Le biogaz en liberté conditionnelle

Sur les presque 500 térawattheures (TWh)* de gaz naturel consommé chaque année en France, seul 0,4 TWh est d’origine renouvelable, issu par exemple de la méthanisation agricole. Ce chiffre représente moins de 0,1% du total. Pour changer d’échelle et développer une véritable alternative au gaz d’origine fossile, la programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit de lancer deux appels d’offres par an d’ici 2024 pour atteindre de 14 à 22 TWh de biogaz injecté dans le réseau de distribution en 2028.

Pour autant et malgré l’immensité de la tâche, là aussi la rentabilité demeure un critère incontournable pour qu’un projet soit retenu. Les prix de vente par MWh de biométhane ne devront pas dépasser 67 euros en moyenne en 2023, puis 60 euros en 2028 pour avoir une chance de remporter l’appel d’offre, des conditions restrictives qui freineront peut-être les investisseurs potentiels.

*1 térawattheure équivaut à 1000 gigawatt.