Un échange de lettres éclaire la position du Président Macron sur le nucléaire

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Le nucléaire, un remède contre le réchauffement climatique ?

Dans un courrier adressé à l’Elysée à la fin de l’été, le climatologue André Berger exhortait Emmanuel Macron à faire de la France le leader mondial de la lutte contre le réchauffement climatique. Il y louait la faible intensité carbone de l’économie française par rapport à celle des autres pays industrialisés, ces bonnes performances étant selon lui à mettre au crédit de nos centrales nucléaires. Elles produisent en effet près de 75% de notre électricité sans rejeter la moindre particule de C02 dans l’atmosphère.

Le président de la République a saisit la perche que lui tendait André Berger pour adresser un message aux partisans du nucléaire. Le 10 octobre dernier, dans sa réponse au célèbre climatologue Belges, il a réaffirmé son ambition de maintenir la France à la tête de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour y parvenir, il semble bien compter sur l’atome : « Je suis convaincu de l’importance du nucléaire, en tant qu’énergie décarbonée, pour garantir un niveau d’émissions de gaz à effet de serre le plus bas possible. », écrit-il.

L’objectif 50% de nucléaire repoussé à 2030

La loi Transition énergétique et croissance verte votée sous le précédent quinquennat de François Hollande prévoyait, pour commencer, de faire passer sous la barre des 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en France avant 2025. La catastrophe de Fukushima était alors dans toutes les têtes. Aujourd’hui, si la présidence actuelle ne remet pas en cause en soi l’idée de diminuer peu à peu le nombre de réacteurs, elle a depuis repoussé l’application de cette date butoir à 2030.

Le Président Macron n’a jamais caché son attachement au nucléaire. Malgré les risques pour l’homme et l’environnement et la question du retraitement des déchets de combustion radioactifs, il est convaincu que la France a encore besoin de ses centrales nucléaires. Si aucune décision n’a été prise en ce sens, le futur semble être davantage à la construction de nouveaux réacteurs qu’au démantèlement du parc existant. Néanmoins, les retards et le coût astronomique de la construction de l’EPR de Flamanville refroidissent sans doute les ardeurs élyséennes.

L’avenir du nucléaire en question

Malgré la volonté affichée par l’exécutif de continuer à investir dans l’énergie nucléaire dans les années à venir, aucune précision n’a été apportée quant au montant des fonds prévus. La question budgétaire est délicate. Flamanville, c’est déjà plus 10 milliards investis pour une centrale qui ne produit toujours pas le moindre kilowattheure. L’énergie nucléaire est peut-être la solution la plus efficace pour faire baisser rapidement nos émissions de gaz à effet de serre, mais à quel prix ?