Iberdrola utilise la blockchain pour garantir l’origine de l’énergie verte

L’entreprise espagnole spécialisée dans la production, la distribution et la commercialisation d’électricité et de gaz naturel a récemment lancé un projet-pilote qu’elle teste avec l’un de ses principaux clients, le groupe bancaire Kutxabank.

Quand de l’électricité ou du gaz sont injectés dans les réseaux de distribution, il devient impossible de connaître leur origine. C’est pourquoi il est capital de tracer en amont la provenance exacte des énergies.

Les mécanismes de certification existants invitent parfois à la prudence. Pour contourner ce problème, gagner en crédit auprès des consommateurs et accélérer le développement des énergies vertes, Iberdrola mise beaucoup sur la blockchain.

La blockchain, un instrument pour améliorer la traçabilité de l’électricité

Développée en partenariat avec l’Energy Web Foundation (EWF), la solution blockchain d’Iberdrola permet de garantir la provenance de l’électricité commercialisée par le groupe ibérique.

Popularisée par le succès du bitcoin, la blockchain peut être utilisée dans de nombreux domaines. Cette technologie permet de stocker et de transmettre des informations en réseau, sans système centralisé. Elle permet en quelque sorte de tenir un registre de transaction infalsifiable et consultable par tous, assurant une transparence totale des échanges.

Pour Iberdrola, garantir l’origine des énergies participe à leur démocratisation. Les consommateurs veulent bien payer plus cher pour de l’énergie verte, mais ils veulent être absolument certain de sa provenance.

Pour les rassurer, la société espagnole compte sur la blockchain : « cette innovation est un catalyseur dans le processus de décarbonation de l’économie, permettant des transactions traçables, sûres et rapides. Dans ce cas, l’approvisionnement en énergie verte est plus efficace, flexible et transparent, ce qui incite à la production et à la consommation d’énergie 100% renouvelable », peut-on lire dans son dernier communiqué de presse.

Un levier pour accélérer la transition énergétique ?

Si la transparence est un concept à la mode et la blockchain une technologie qui nourrit de nombreux fantasmes, bien que son potentiel réel soit souvent surévalué, il ne faudrait pas pour autant réduire la solution développée par Iberdrola à un simple artefact marketing.

En dehors de l’effet d’annonce, ce système permet d’automatiser et de rendre beaucoup plus transparents les mécanismes de certification. La traçabilité de l’électricité distribuée est plus lisible et consultable par n’importe qui.

Un des principaux clients d’Iberdola, le groupe Kutxabank, qui teste ce projet en avant-première, estime qu’améliorer la traçabilité des énergies d’origine renouvelable est un bon moyen d’accélérer leur développement. « Cette solution qui utilise la blockchain est une nouvelle opportunité pour réduire notre empreinte écologique. Ces technologies se révèlent un puissant allié pour certifier la source d’énergie que nous consommons » s’enthousiasme-t-il même.

Le producteur espagnol d’électricité n’est en tout cas pas le seul à s’intéresser à la blockchain pour certifier l’origine de ses énergies. En novembre dernier, l’allemand Siemens rejoignait à son tour l’Energy Web Foundation pour contribuer au déploiement commercial de la blockchain dans le secteur de l’énergie.