30 % des Français se chauffent moins selon le Médiateur national de l’énergie

Moins de chauffage, plus d’économies

« Un tiers des Français sont très soucieux de leur facture énergétique… Il y a des gens qui ne se chauffent quasiment plus du tout », a confirmé Jean Gaubert, Médiateur national de l’énergie. 30 % des Français se chauffent donc moins, parfois quasiment plus du tout, afin de faire des économies d’argent d’après les résultats du sondage annuel mené par l’autorité publique et publiés le 30 octobre 2018.

Et ce constat ne daterait pas d’hier. Cela conduit de nombreux foyers à boucher les orifices, pensant garder la chaleur, et à générer de l’humidité. Le Médiateur et son équipe ont pour missions de mettre en place des solutions amiables dans le cas de litiges entre les professionnels de l’énergie et les consommateurs. Concernant ces derniers, Jean Gaubert précise d’ailleurs : « Souvent, ils nous écrivent en nous disant qu’ils ne peuvent plus payer la facture, qu’elle est trop élevée, ils demandent comment faire ».

Les prix du gaz et du fioul en augmentation

Les chiffres publiés par le Médiateur national de l’énergie font écho à un autre constat qui n’arrange pas la situation des ménages français en difficulté. En effet, depuis le début de l’année 2018, les prix du gaz naturel et du fioul ont augmenté en raison de la remontée du cours du pétrole. Ce qui a eu pour conséquence la hausse régulière des tarifs réglementés du gaz pour 4,6 millions de logements dont les prix ont été révisés chaque mois. Seul mois épargné, août avec un recul de 0,5 %. Ce sondage met aussi en évidence les difficultés pour un Français sur 10 d’honorer certaines factures d’énergie alors que 15 % d’entre eux ont mal vécu l’hiver passé et ont subi le froid au sein de leur foyer.

544 000 opérations de coupure ou de limitations de puissance en 2017

L’année dernière, les fournisseurs d’énergie ont procédé à 544 000 opérations de coupure ou de limitation de puissance suite à des problèmes d’impayés. Ces opérations et limitations sont intervenues avant et après la fameuse « trêve hivernale », débutant chaque 1er novembre. La trêve empêche ainsi les fournisseurs de couper en totalité l’électricité et le gaz au sein des foyers à compter de cette date et, ce, jusqu’au 31 mars de l’année suivante.

Le Médiateur confie ne pas avoir encore reçu de demandes faisant cas de coupures ou d’expulsions mais il rappelle que c’est une période tendue pour les consommateurs.

Pour Jean Gaubert, il faut aussi dialoguer avec les propriétaires et bailleurs afin de parvenir à mettre fin aux passoires énergétiques, en général dues à une isolation défectueuse voire quasi inexistante selon l’année de construction des logements. Les dépenses d’énergie seraient en tout cas davantage maîtrisées.

* Cette étude réalisée en septembre 2018 auprès de 1 501 foyers français. Les chiffres indiqués sont tous issus du sondage.