L’État passe sous le seuil d’un tiers du capital d’Engie

Un vote sous haute tension

C’est dans une ambiance tendue que l’Assemblée nationale a adopté la diminution de la participation de l’État au capital d’Engie. En effet, les débats ont été quelque peu mouvementés entre députés le 4 octobre 2018. Mesure qui ne passe pas inaperçue, ce passage de l’Etat sous le seuil d’un tiers du capital d’Engie a été voté par les députés au même titre que l’entrée d’investisseurs privés dans le capital de GRTgaz, la filiale d’Engie, spécialisée dans le transport du gaz.

En plein projet de loi Pacte

L’adoption de cette disposition intervient en plein projet de loi Pacte, Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises. Ce plan a pour objectif d’apporter aux entreprises plus de moyens pour évoluer, innover et générer des emplois. Défendu par Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances, il a été voté en première lecture le 9 octobre 2018. Et le vote de la diminution de la participation de l’État participe à cette ambition économique. Ce qui ne fait pas l’unanimité parmi certains députés de l’hémicycle pour qui cette opération, adoptée au même moment que la cession d’actifs FDJ et ADP, est un « non-sens » économique.

Alimenter le fonds pour l’innovation de rupture Cette opération de cession de participation est censée enrichir le fonds pour l’innovation de rupture. Il réunit des PME, des grands groupes ou encore des laboratoires publics. Mais aussi des univers plus pointus et technologiques tels que l’intelligence artificielle, la nanoélectronique, la bioproduction, les batteries de nouvelle génération et le véhicule autonome.

Ce fonds est alimenté par 10 milliards d’euros et ce sont les dividendes, d’un montant de 200 à 300 millions d’euros annuels, qui sont utilisés pour le financement de ces projets novateurs. Bruno Le Maire a aussi précisé que cette diminution de la participation de l’État au capital d’Engie contribuait au désendettement de l’Etat.

Le contrôle de l’Etat maintenu

Pas question de perdre la main pour le gouvernement qui a à la fois rassuré et répondu aux sceptiques. Par la voix de Bruno Le Maire, il a donc été bien rappelé que l’État comptait conserver son rôle de régulateur. Et par rapport à Engie, il maintient justement une action spécifique lui permettant de faire blocus et, ainsi, de garder le contrôle via le « golden share ». Avec ces opérations de cessions, le gouvernement entend avoir plutôt les casquettes de stratège et d’investisseur.

Les privatisations d’Engie, mais aussi de la FDJ et d’ADP, « marquent la volonté de créer davantage de richesses et de préparer notre avenir », a d’ailleurs mentionné le locataire de Bercy.