Engie s’inquiète de l’évolution du mix énergétique en France vers le « tout électrique »

Une consommation de gaz divisée par cinq

Le sujet est brûlant. Et pour cause : le projet énergétique présenté au printemps par le gouvernement et qui sera précisé à la fin du mois aux acteurs du secteur table sur une consommation de 1000 térawattheures (TWh) en 2050, contre 1876 TWh en 2012. Une consommation qui serait assurée à hauteur de 114 TWh par le gaz, contre 480 TWh aujourd’hui. Une option qui ne laisse pas Engie indifférent.

Engie estime en effet que la PPE n’accorde pas suffisamment de moyens au développement du gaz renouvelable, ce serait un choix « néfaste et irréaliste » pour le futur mix énergétique.

Conscient que l’argument des pouvoirs publics en faveur de l’électricité est avant tout son faible niveau d’émissions de CO2, le fournisseur estime néanmoins que ces derniers ne sont pas sur la bonne voie lorsqu’ils entendent faire progresser la part de l’électricité avant même d’avoir décarboné la production d’électrons.

La crainte d’un scénario « tout électrique »

Si Engie, ex-GDF Suez, redoute que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et notamment la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) ne viennent fortement réduire la part du gaz, le fournisseur ne s’oppose pas pour autant à une réduction de sa consommation.

Craignant d’être évincé du prochain mix énergétique, Engie avance ainsi son scénario « idéal » : une réduction de la consommation de gaz à un socle de 300 TWh en 2050 (couvert en biogaz), contre 460 à 480 TWh aujourd’hui, alors que la stratégie du gouvernement table pour sa part sur un maximum de 290 TWh.

Par ailleurs, Engiefait valoir que dans sa mouture actuelle la Stratégie bas carbone limiterait l’avenir énergétique à quatre sources d’approvisionnement : le nucléaire, le photovoltaïque, l’éolien et l’hydraulique.

Chauffage : une nouvelle source d’inquiétude

L’inquiétude du fournisseur ne se limite pas à ces scénarios. Engie craint également la pression grandissante en faveur du retour au chauffage électrique dans les logements neufs par le biais des pompes à chaleur.

Un mauvais calcul selon le fournisseurqui estime que le recours à l’électricité pour le chauffage des habitations revient à augmenter les pointes de consommation hivernales. Et en d’autre termes, à faire appel aux importations d’électricité des centrales allemandes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *