Débat national sur la transition énergétique : de quoi s’agit-il ?

Nucléaire, énergies renouvelables, ressources fossiles… Quel pourrait être le paysage énergétique de la France d’ici 30 ou 50 ans ? En 2012, l’ensemble des Français ont été associés à cette question cruciale pour l’avenir de la planète lors d’un grand « débat national sur la transition énergétique », qui a permis non seulement à chacun de s’approprier la question mais aussi de définir les grands enjeux de la politique énergétique de demain.

Débat national sur la transition énergetique : de quoi s’agit-il ?

Le débat national sur la transition énergétique (DNTE), lancé à l’initiative du président François Hollande, a débuté au mois de novembre 2012 avant de s’achever dans le courant de l’été 2013. L’événement combinait une vaste consultation en ligne et des débats locaux ouverts à tous les citoyens, sur l’ensemble du territoire français. Son objectif ? Recueillir les attentes, les réflexions et les préoccupations des Français concernant les questions environnementales, et définir les grands axes de la future politique de transition énergétique.

La transition énergétique, pour rappel, est un processus qui doit transformer progressivement nos économies fortement carbonées vers un modèle dont le mix énergétique est moins dépendant aux énergies fossiles, et plus orienté vers les énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité.

Le débat s’est concentré sur quatre thématiques principales :

  • La définition du mix énergétique idéal à un horizon de 10, 30 et 50 ans.
  • L’évaluation des investissements à réaliser dans les prochaines années.
  • Les meilleurs moyens d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la production nationale.
  • L’optimisation de la consommation d’énergie et la lutte contre le gaspillage.

Le débat National sur la Transition Energétique en images

Pourquoi un débat sur la transition énergétique ?

Le phénomène du réchauffement climatique, lié à l’émission excessive de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, a donné lieu à une prise de conscience internationale et à la signature d’accords contraignants pour les États, lesquels s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour limiter la hausse de la température.

Ainsi, et d’ici 2020, la France doit notamment se conformer aux objectifs européens dits des « 3 x 20 », et :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport à leur niveau en 2008.
  • Augmenter la part des énergies renouvelables jusqu’à 20 % du mix énergétique.
  • Augmenter l’efficacité énergétique globale de l’économie de 20 %.

D’ici 2025, il est par ailleurs prévu que la part de l’énergie nucléaire passe de 75 à 50 % de la production énergétique française.

Calendrier et organisation du débat

Tous les citoyens de nationalité française souhaitant prendre part au débat sur la transition énergétique pouvaient s’inscrire en ligne sur un site dédié, et y déposer leurs contributions entre novembre 2012 et juillet 2013. Ces contributions ont été rassemblées et synthétisées par le Conseil du débat national sur la transition énergétique, qui s’est réuni régulièrement pendant le débat et avait pour mission principale de l’encadrer et de le piloter.

Lors de sa neuvième séance plénière en date du 18 juillet 2013, le conseil a officiellement adopté la synthèse du débat et l’a diffusée au grand public. Ce document reste consultable aujourd’hui à l’adresse suivante. Il a servi de base de travail pour la préparation et la rédaction de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), entrée en vigueur le 18 août 2015.

Quelles sont les conclusions du débat national ?

Les participants au débat national sur la transition énergétique ont identifié au total 15 enjeux. Pour chaque enjeu, des objectifs et des actions sont suggérés.

  1. Définir une orientation de long terme et conforme aux engagements internationaux de la France.
  2. Impliquer l’ensemble des citoyens, partenaires publics et acteurs de la société civile.
  3. Lutter contre le phénomène de précarité énergétique chez les plus fragiles.
  4. Intégrer les exigences de performance énergétique et de sobriété dans la croissance économique.
  5. Optimiser la performance énergétique de l’ensemble des bâtiments résidentiels et non résidentiels d’ici 2050.
  6. Intégrer les enjeux du développement durable dans les mobilités.
  7. Considérer la transition énergétique comme un facteur de compétitivité économique.
  8. Considérer la transition énergétique comme un facteur de dynamisme pour les territoires ruraux délaissés.
  9. Mettre en valeur les atouts du territoire et du modèle français.
  10. Tendre vers un mix énergétique à la fois résilient, équilibré et performant, accordant toute sa place au renouvelable.
  11. Inciter à l’investissement privé dans le domaine de la transition énergétique.
  12. Organiser la décentralisation des compétences en matière de transition énergétique.
  13. Accompagner les évolutions de carrières professionnelles en lien avec la transition énergétique.
  14. Mieux influer et orienter la politique européenne en matière énergétique
  15. Suivre et adapter le processus de transition énergétique.