95% d’énergies renouvelables en France d’ici 2060, c’est possible selon l’ADEME

Selon l'étude « Trajectoires d'évolution du mix électrique 2020-2060 » publiée le mois dernier par l'ADEME, la France pourrait disposer de plus de 95% d’énergies renouvelables (EnR) en 2060, abaissant ainsi considérablement le prix de l'électricité pour les consommateurs.

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En décembre dernier, les résultats de l’étude préparée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et intitulée « Trajectoires d’évolution du mélange électrique 2020-2060 » ont été publiés.

Ce document avait pour but d’analyser les différents résultats pouvant être obtenus grâce à l’optimisation de l’évolution des différentes formes de production d’électricité dans le pays, y compris les énergies renouvelables pour la période 2020-2060.

Les énergies renouvelables réduiront le coût total de l’électricité

L’étude réalisée par l’ADEME a comparé l’évolution du coût total de l’électricité entre 2020 et 2060, en fonction des sources d’énergie utilisées.

Les résultats sont encourageants, car l’étude montre qu’une augmentation progressive de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique du pays peut faire baisser le coût de l’électricité à environ 90 €/MWh hors taxe pour les consommateurs. Actuellement, le coût est proche de 100 €/MWh.

Cette estimation tient compte de l’augmentation probable du prix des énergies fossiles et du CO2 et inclut tous les coûts du système électrique actuel : production, distribution, stockage et importation.

Cependant, même si l’optimisation des coûts de production d’électricité peut également réduire les coûts pour les consommateurs, la préoccupation concernant le maintien de la stabilité du réseau électrique crée un débat non moins important. Mais des experts australiens, américains, irlandais et allemands garantissent déjà que la stabilité est possible et à un faible coût.

Meilleures conditions de rémunération pour les producteurs

Les scénarios évalués dans l’étude réalisée par l’ADEME montrent également qu’une incidence plus élevée des énergies renouvelables sur le système électrique français pourrait améliorer les conditions de rémunération des producteurs d’électricité opérant sur le grand marché à condition d’éviter une prolongation trop forte du parc nucléaire historique.

Dans son étude, l’ADEME montre aussi comment s’appuyer sur les véhicules électriques pour obtenir de la flexibilité électrique : c’est à dire stocker de l’électricité grâce aux batteries des voitures pour s’approvisionner quand les EnR ne sont pas disponibles. Les énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire sont en effet intermittentes et ne produisent pas d’électricité la nuit ou en l’absence de vent.

Les propositions faites par le gouvernement dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE)* vont dans le sens ces recommandations de l’ADEME. En effet, la PPE élaborée fin 2018, actuellement en cours de consultation, fait la part belle à l’électricité dans le futur mix énergétique, comme moyen de décarboner l’énergie. Elle prévoit aussi la réduction du nucléaire dans le mix électrique à 50% d’ici 2035 et fixe comme objectif 40% d’énergies renouvelables dans le mix français d’ici 2030.

*La PPE est un outil de cadrage sur plusieurs années de la politique énergétique en France. Elle est apparue avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte.